Tou Bichvat

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"Un verger céleste" par le Rabbin Alexis BLUM

 

Le 1er Tichri est le nouvel an pour les années : celles de relâche et du jubilé, des plantations et des légumes. Le 1er Chevat est le nouvel an pour les arbres, selon l'école de Chammaï; le 15 Chevat selon l'école de Hillel (traité Roch Hachana, Michna 1,1 traduction Saül Naouri de mémoire bénie).

La michna énumère quatre nouvel an, mais en fait Chevanos Sages n'ont vraiment accepté que deux d'entre eux : le 1er Tichri et le 15 Chevat. Certes la Thora elle-même dit de Nissan : "ce mois sera pour vous le premier mois" (Exode XII, 2) et le calcul des fêtes du calendrier juif dépend de Nissan. Il est vrai aussi que l'on comptait les années de règne des rois d'Israël à partir de Nissan. Néanmoins, on ne célèbre pas le 1er Nissan comme un nouvel an, ni le 1er Eloul qui n'a aucun caractère de nouvel dans la vie juive.

Seul le 15 Chevat (en hébreu Tou Bichevat) est considéré par tous les Juifs du monde comme le nouvel des arbres.

Les Juifs ont fait du 15 Chevat une fête, alors que le Talmud ignorait totalement cet aspect festif. le 15 Chevat ne servait qu'à indiquer comment répartir selon l'année fiscale la dîme prélevée sur les fruits des arbres. Le 15 Chevat était pour les écoles de Hillel la date où les arbres commencent à bourgeonner, parce que les pluies ont été assez abondantes. On comprend dès lors que cette date soit célébrée.

Le respect pour les arbres est une notion biblique importante : "Si tu es arrêté longtemps au siège d'une ville que tu attaques pour t'en rendre maître, tu ne dois cependant pas en détruire les arbres en portant sur eux la cognée : ce sont eux qui te nourrissent, tu ne dois pas les abattre. Oui, l'arbre du champ, c'est l'Homme même, tu l'épargneras dans les travaux du siège" (Deutéronome XX, 19-20). Nos Sages du Talmud, (Taanit 7a), expliquent la comparaison entre l'Homme et l'arbre, en disant que de même qu'il ne faut consommer que des fruits convenables, il ne faut s'instruire qu'auprès de Maîtres valables.

Le Sage est comparé au bois. avec une brindille on peut allumer un morceau de bois plus volumineux, ainsi les Maîtres tirent-ils grand profit de leurs élèves. Quand Moïse a demandé aux explorateurs de voir s'il se trouvait des arbres en Terre Promise (Nombres XIII, 20), c'était, d'après la tradition talmudique, une invitation à rechercher la présence d'un Juste pouvant apporter à ses contemporains une protection semblable à celle d'un arbre à l'ombre duquel on s'abrite (Baba Batra 15a).

Rappelons que nos Sages ont institué une bénédiction non seulement à l'occasion de la conso,,ation des fruits, mais aussi pour la vue en Nissan des premiers arbres en fleurs. Rav Zeev Gold (dans Zéhav Haarets p.87, Jérusalem 1982) témoigne de l'émotion extraordinaire que manifestait Rav Kook quand il participait à la plantation d'un bosquet en Israël. Il expliquait en citant le Talmud, la phrase du Deutéronome XIII, 5"Vous devez marcher derrière l'Eternel..... et vous attacher à Lui".

Peut-on marcher derrière Dieu dont les traces échappent au regard? Peut-on s'attacher à Dieu qui est comme du feu ?

Réponse : on peut prendre exemple sur Dieu qui, au début de la Création, avait planté un jardin (Genèse XX, 23) en plantant soi-même des arbres fruitiers (Lévitique XX, 23).

Et Rav Kook disait en prenant en main l'arbre avant sa mise en terre : "j'ai frémi de tout mon être en ressentant combien je m'étais approché de la Présence divine qui est comme un feu dévorant" (Deutéronome IV, 24)

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